L’Equipe

Benoît Briqueteur, 50 ans, se souvient de son enfance passée à farfouiller dans les bacs de chutes de papier… C’était à Haubourdin, déjà. « Mon grand-père Paul était en retraite, et c’était mon père, Jean-Claude, qui dirigeait l’imprimerie depuis 1961 ». Ses premiers souvenirs datent de l’époque où l’entreprise familiale était située au 29, rue Léo-Lagrange ; le troisième local, déjà, après deux endroits différents dela rue Gambetta, où avaient officié Edmond Briqueteur, l’arrière-grand-père et fondateur, puis Paul.

Le jeune Benoît a failli être kiné… Il sera imprimeur, alors que sa mère ne le lui conseillait pas : trop dur. Il a commencé sous les ordres de son père, avant de prendre la direction de la société en 1997, avec son épouse Martine. Aujourd’hui, il ne regrette pas cette orientation : « J’aime la diversité du métier, on est des artisans avec une âme d’artiste. Il y a une partie manuelle, et une partie intellectuelle ».

Benoît a connu la fin du plomb, les premiers ordinateurs. « J’ai d’abord travaillé l’offset, puis le métier a été révolutionné en 1976-77 avec la micro-informatique. Le Mac SE coûtait beaucoup moins cher qu’une photocomposeuse ! Par contre, aujourd’hui, on doit changer le matériel très régulièrement, tout se périme tellement vite ». Les Briqueteur n’ont pas hésité à investir et s’adapter pour faire vivre leur boîte. Aujourd’hui, trois personnes et un apprenti travaillent dans l’imprimerie qui, à son apogée, du temps de Paul Briqueteur, fit travailler six ou sept personnes.

Depuis 1991, la société s’est installée rue Sadi-Carnot, à deux pas de la mairie. La famille a ouvert une papeterie, avec l’aide de la mère de Benoît. Et en 1993, le magasin se lançait dans la déco et les cadeaux. « Il fallait élargir notre activité, car les gens commençaient à fabriquer eux-mêmes leurs faire-part, invitations, etc. Les petits commerçants ne nous commandaient plus leur papier. Mais après une baisse du chiffre d’affaires, surtout dans les années 1990-95, l’activité s’est maintenue ». Aujourd’hui, les particuliers reviennent, mais plus question de choisir leurs faire-part dans un catalogue, « ils veulent les créer avec nous ».

Les Briqueteur font aujourd’hui partie d’un club d’imprimeurs : « ça permet d’évoluer, d’avoir des idées ». Ils ont aussi créé une société sur internet, Aimia (2 salariées à temps plein). Ils impriment ainsi pour toute la France, les DOM-TOM, et dans de multiples pays francophones (des enveloppes, des tampons, posters, etc). Innover pour se développer, ce pourrait être la devise des Briqueteur. 

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